Solène 2004

Pour ne pas rester perpétuellement un « faux débutant ».

"Vous avez des connaissances dans une langue étrangère, mais vous avez du mal à la comprendre en situation : devant la télévision, dans une conversation, au téléphone, une grande part de ce qui est dit vous échappe. Vous vous sentez quelque peu accablé par une avalanche de mots et un rythme de parole trop intense. Pour peu que vous écoutiez quelqu'un qui parle avec un accent, ou qui n'articule pas suffisamment, vous êtes perdu.
Dans vos études, vous avez appris beaucoup de vocabulaire et de notions grammaticales, mais vous ne savez pas parler couramment. Savez-vous qu'en cours de langue, au lycée par exemple, à raison de trois heures par semaine, vous n'avez eu l'occasion de parler que trente minutes en tout en sept années d'études secondaires ! Vous avez constaté aussi que les méthodes habituellement utilisées pour enseigner une langue cherchent à vous faire parler avant que vous soyez capable de comprendre la langue que vous apprenez. [...]" (Concept Vif@x, Michel Perrin)

"Nul ne peut prétendre parler une langue s’il n’est capable de la comprendre." (Perrin, Le plus vieux métier du monde n'est pas celui qu'on croit : réflexions sur l'apprendre, 1999)

"La compétence de compréhension orale est sans aucun doute importante dans l’acquisition de la langue seconde, mais elle l’est surtout au début de l’apprentissage: c’est par cette voie que l’apprenant accumule des inputs linguistiques pour les intérioriser dans son système d’interlangue jusqu’à ce qu’il puisse les utiliser lui-même." (HARADA Sanae, TOKIWA Ryoko 1999 : "Progression et difficultés perçues en classe de compréhension orale", Bulletin of the Faculty of Foreign Studies, Sophia University, no.34,1999 )

[...] les étudiants ont tendance à s'appuyer sur les connaissances de l'écrit pour décoder la langue orale. Ils sont de ce fait mal armés pour aborder la dissymétrie entre le code écrit (suite régulière de sinogrammes) et le code parlé, avec ses traits prosodiques spécifiques (segmentations, groupes rythmiques, réductions syllabiques, abréviations …), ses variations phonétiques et socioculturelles. [...]

Ceci est renforcé par le choix des documents destinés à l'écoute dans les cours dédiés à cette compétence, trop souvent calqués sur l'écrit (textes narratifs lus par des enseignants sur un ton neutre) ou bien dialogues 'fabriqués' maison ou extraits de méthodes de langue.  

Les élèves ne sont pratiquement jamais exposés durant leur scolarité à des matériaux authentiques, représentatifs de la réalité plurielle de la langue parlée. Les activités d'écoute et de compréhension sont extrêmement limitées par le matériel utilisé (magnétophone) ainsi que par l'insuffisante élaboration des tâches de compréhension.  [...] (F. Marc : "LE CHINOIS PAR LES FILMS" Un scénario pédagogique autour de ressources filmiques numérisées, communication à la première journée d'étude de l'AREC, Université Paris VII, mai 2003).