CHI521A – Hand-out n°1

CHI521A – Hand-out n°1

Ecriture : généralités

Différentes approches de l'écriture

Définition

Accrochage écriture / langue

Le principe du rébus : du dessin à l’écriture

Morphologie des langues et écriture

Le principe d’acrophonie : genèse des alphabets

Mythogrammes et pictogrammes

Types d'écriture - Correspondance écriture /langue

Signe linguistique verbal

Signifiant

Signifié

Référence – Triangle sémiotique

Notation / Système d'écriture

Notation (/ matrice graphique, inventaire graphique…)

Système d’écriture

Exercices

Bibliographie

Documents :

 

Ecriture : généralités

Différentes approches de l'écriture

L’écriture a toujours posé un problème conceptuel (Harris)

parce qu’on a tendance à confondre l’écriture avec ses fonctions ou avec ses ressources matérielles. Les approches modernes de l’écriture sont déterminées par différentes postures intellectuelles, épistémologiques, différents objectifs :

1- Les approches historiques et ou grammatologiques1 ; elles se concentrent, par l’étude des matériaux paléographiques, sur les données matérielles et techniques de l’écriture, pour retracer l’histoire des systèmes d’écriture et établir des comparaisons entre les différents systèmes (Cohen, Leroi-Gourhan, Fevrier, Gelb…) ;

2- Les approches anthropologiques et cognitives de l’écriture ; elles se concentrent sur les conséquences sociales, politiques et intellectuelles de l’écriture (Lévi-Strauss, les sociétés sans écriture, Jack Goody, les tables et les listes…et la mise en évidence d’une pensée graphique, irréductible à la parole linéaire, l’oral et l’écrit étant perçus comme deux modes d’activités distincts) ;

3- Les approches fonctionnalistes et linguistiques qui recherchent les correspondances entre les éléments graphiques et les éléments de la parole (écriture / langue) et conduisent à la définition d’un concept de graphème, par analogie (symétrie ?) avec le phonème de la linguistique saussurienne (Anis, Hass, De Francis, Catach) ;

4-  Les approches philosophiques (grammatologie2 ), qui abordent l’écriture sous l’angle de la philosophie du Langage, et réactive la problématique antique de la déchéance de la pensée dans l’écriture (Platon, Aristote, Rousseau, Hegel, Leibniz, Derrida…) ;

5-  Les approches pédagogiques qui se consacrent à l’étude des méthodes à utiliser pour enseigner la lecture et l’écriture ;

6- Les approches neurologiques sur les processus de la lecture et de l’écriture ;

7- Les approches sémiologiques (et, mais avec des visées plus étroites, autonomistes) qui procèdent, à divers titres, d’une revalorisation (réhabilitation) de l’écriture prise comme entreprise dynamique et créatrice par excellence, à travers sa figuralité, sa visibilité, ses symbolisme, ses surfaces, sa subjectivité, son ésotérisme, les valeurs de l’acte d’écrire… (espaces et surfaces graphiques, médiatiques ou artistiques, typographies, signatures…) (Anis, Harris)

Définition

"...Au sens large : tout système sémiotique visuel et spatial....Au sens étroit : système graphique de notation du langage. ..." [Ducrot / Todorov]

Autrement dit, l'écriture est un code substitutif direct de la langue, à distinguer des représentations symboliques non organisées en système comme la mythographie, la sémasiographie, la pictographie (cf. Doc.1) :

"... systèmes dans lesquels la notation graphique ne se réfère pas au langage verbal, mais forme une relation symbolique indépendante...." [Ducrot / Todorov]

Accrochage écriture / langue

Le principe du rébus : du dessin à l’écriture

Les symboles de toutes les écritures ont une origine pictographique. La différence avec les autres types de représentations pictographiques est la fonction attribuée aux pictogrammes. Dans un système d’écriture, le pictogramme renvoie à une unité donnée de la langue.

Dès l’origine, les écritures ont recours au principe du rébus, qui consiste à représenter un mot ou une syllabe par le pictogrammes d’une chose dont le nom ressemble au mot ou à la syllabe. Par exemple, représenter le verbe ‘être’ par le pictogramme d’un hêtre.

C’est le principe du rébus qui a permis le dépassement décisif des limites inhérentes au pictogramme dans sa fonction de représentation de la langue.

 Morphologie des langues et écriture

L’évolution historique des symboles graphiques d’écriture est étroitement liée à la morphologie des langues qu’ils sont censés noter. L’apparition des lettres de l’alphabet (ou leur non apparition) dénote l’adaptation du système graphique à la structure de la langue représentée. Il y a lieu ici de remettre en cause l’idée répandue que les écritures alphabétiques correspondent à un stade ‘plus avancé’ que le écritures non-alphabétiques.

Rappel succinct :

-         Langues sémitiques : racines consonantiques, (à partir de la racine ktb "écrire", on aura en arabe kiteb "le livre", maktab "le bureau", kataba "il a écrit", etc…) ;

-         Langues indo-européennes : suffixation vocalique (dérivationnelle / flexionnelle) sur une base ou un radical ;

-         Langue chinoise archaïque : affixes + racine–syllabe (essentiellement préfixes consonantiques), ( *lám 'regarder', *k-làm 'miroir', *ngiók 'jade', *s-ngiók 'travailler le jade', etc. [1]). Il existait d’autres formes de dérivation comme ‘ la dérivation par changement de ton, la dérivation par voisement de l'initiale et la dérivation par changement de voyelle [2]. On remarque que de tels modes de dérivations s’inscrivent dans le cadre de la syllabe.

Le principe d’acrophonie : genèse des alphabets

Le principe d’acrophonie consiste à représenter un son par un symbole représentant un mot dont la prononciation commence par ce son, par exemple, représenter le ‘t’ par le pictogramme représentant le mot « table ».

La naissance des signes alphabétiques (consonantiques) est rattachée aux langues sémitiques (égyptien, phénicien) et s’est appuyée sur le principe d’acrophonie. Par exemple le son ‘m’ était représenté par le pictogramme de la mer [ligne ondulée], prononcé mayimu  en ouest-sémitique archaïque puis men en phénicien, cf. Doc.2).

 

Comparaison de graphie du prénom ‘Marc’ à l’aide de différents systèmes d’écriture :

1. avec l’alphabet phénicien suivant le principe d’acrophonie. On choisira pour le ‘m’ le pictogramme de la mer mem , pour le ‘r’ le pictogramme de la tête resh , et pour le son /k/, le pictogramme de la paume kaph  (en sémitique, on ne transcrira pas le ‘a’ mais seulement le squelette consonantique du nom :
 /mrk/

2. avec l’alphabet latin, tous les phonèmes sont représentés :
MARC

3. avec les sinogrammes, le nom est analysé en syllabes autochtones :       
马尔克 /马克

 

Pictogrammes et mythogrammes

"Les pictogrammes sont attestés depuis déjà 10000 ans dans des cultures aussi différentes que celles des Sibériens, des Inuits, des Indiens d'Amérique, ou des Bochimans d'Afrique. Un pictogramme est un signifiant, signal ou signe, qui symbolise globalement une situation, souvent concrète. Les pictogrammes-signaux sont des aides-mémoires servant à déclencher une récitation (cf. les robes de peau des sorciers-prêtres en Sibérie). En revanche, les pictogrammes-signes sont des dessins figuratifs relatant une histoire, un récit, ou une situation; ils parlent à la vue puisqu'ils portent en eux-mêmes leur signification. Dans nos civilisations actuelles, le code de la route fait un grand usage de pictogrammes."

 

"Le mythogramme est une représentation figurative abstraite, support d'une production orale (culturelle, mythologique) quelconque. Il ne s'agit pas que de dessins d'animaux représentant des tableaux de chasse, mais bien d'œuvres qui expriment de façon symbolique les rapports entre l'homme et son environnement. Les figures animales coexistent avec des signes géométriques de formes variées --lignes, crochets, triangles, points, etc.-- dont on n'a pas à ce jour déchiffré la signification exacte. Des mythogrammes sont attestés chez les Aurignaciens, il y a 30000 ans. "

Références : Extraits du lexique de Pierre Martin (Laboratoire de Phonétique et Phonologie de l'Université Laval à Québec http://www.lli.ulaval.ca/labo2256/) : http://www.lli.ulaval.ca/labo2256/lexique/pictogramme.html http://www.lli.ulaval.ca/labo2256/lexique/mythogramme.html

Signe linguistique verbal

Signifiant

Dans la terminologie Saussurienne, le signe linguistique est le résultat de l'association d'un signifiant et d'un signifié, ou encore de l'association d'une image acoustique et d'un concept. [DLL] 

Signifiant = image acoustique = suite de phonèmes *

 (* phonème = la plus petite unité dépourvue de sens que l'on puisse délimiter dans la chaîne parlée. Chaque langue présente dans son code un nombre limité et restreint de phonèmes (20 à 50) qui se combinent successivement, le long de la chaîne parlée pour constituer les signifiants des messages... [DLL] )

 (*Phonologie : science qui étudie les sons du langage du point de vue de leur fonction dans le système de communication linguistique. [DLL] )

 (*Phonétique : science qui étudie les sons du langage dans leur réalisation concrète, indépendamment de leur fonction linguistique. [DLL] )

Signifié

Dans la terminologie Saussurienne = synonyme de concept.

Signifié = concept (dans un système de communication linguistique et non dans la réalité extralinguistique)

Types d'écriture - Correspondance Ecriture / Langue

"…Aucune écriture n'obéit à un principe unique ; il faut donc dans le cadre d'un typologie générale, classer des principes et non des écritures...." [Ducrot / Todorov]

Les symboles utilisés dans l’écriture doivent être considérés en relation avec le niveau de la parole (phonème / syllabes / mots / phrases / énoncés). On observe quel est la plus petite unité linguistique notée par l’écriture. Mais aucune écriture n'est l'incarnation pure d'un principe d'écriture. On a cependant l’habitude de classer les écritures par rapport au principe dominant qui les régit.

 

1.        Principe morphographique / logographique : le signe graphique dénote une unité linguistique signifiante (morphème, mot), en d'autres termes, il représente le signifié et se distingue du pictogramme en en qu'il procède d'une décomposition du contenu du message oral. (on parle souvent abusivement de signe idéographique.)

2.        Principe phonographique (phonématique, syllabique…): le signe graphique dénote une unité linguistique non signifiante, un son ou un groupe de sons (phonème, syllabe…), en d'autres terme, le signe graphique représente le signifiant.

 

Le principe phonographique s’est développé historiquement sur la base de la logographie et de la morphographie, à travers notamment les procédés du rébus (= emprunt) et de l’acrophonie.

Aucun des deux principes n'existe à l'état pur. Les écritures logographiques (morphographique) possèdent une représentation partielle des signifiants (écriture chinoise) et les écritures phonographiques possèdent des éléments ne représentant pas les sons. Seule l'écriture en alphabet phonétique international est une écriture purement phonographique.

Référence – Triangle sémiotique

Fonction par laquelle un signe linguistique renvoie à un objet du monde extralinguistique, réel ou imaginaire. ...Cette fonction met le signe en rapport, non pas directement avec les objets réels, mais avec le monde perçu à l’intérieur des formations idéologiques d’une culture donnée. [DLL]

Distinguer la signification (relation qui unit le signifiant et le signifié) de la référence.

Triangles sémiotiques :

Schéma pour exercices :


Notation / Système d'écriture

L’ambiguïté du terme ‘écriture’ est à l’origine d’une fâcheuse confusion lorsqu’on aborde l’étude des écritures : il s’agit de la non distinction entre les deux plans que constituent d’un côté, l’ensemble des signes utilisés par une écriture (= notation) et la façon dont les signes sont manipulés pour représenter une langue (= système d’écriture, langue écrite).

Notation (/ matrice graphique, inventaire graphique…)

▪ = Inventaire des symboles utilisées dans un système d’expression écrite (langue écrite). (abécédaire, syllabaire... pour le chinois = inventaire des caractères …). La notation possède une histoire et une structure interne propre.

Les symboles d’une notation peuvent être multivalents.

Système d’écriture

▪ = système d’expression, langue écrite…

Ensemble des règles de mises en correspondance des symboles d’une notation avec les unités de la langue à travers les textes produits.

Exercices

1-     Trouver des exemples de morphographie et de logographie dans l'écriture du français.

2-     Trouver des exemples de phonographie dans l'écriture du chinois.

3-     Lire le document 3 (annexe).

 

Bibliographie

ANIS J.
L'écriture, théories et descriptions, De Boeck Université, Bruxelles 1988.

DEFRANCIS John,
Visible speech, The diverse oneness of writing system, University of Hawii Press, Honolulu, 1989.

DUCROT O., TODOROV T.,
Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Editions du seuil, Paris 1972.

HARRIS R.,
La sémiologie de l'écriture, CNRS Editions, Paris 1993.

LEMAIRE A.
L’écriture alphabétique au Proche-Orient ancien (http://www.clio.fr/article.asp?article=367&auteur=60 )

Saussure (Ferdinand de),
Cours de Linguistique Générale, Lausanne, Payot, 1972,.

Dictionnaire de linguistique, Librairie Larousse, 1973.

 

Documents :

Doc.1 : Pictographie Inuit

mauvaise pêche (signe de détresse + pêcheur sans ligne) / disette (village d'hiver + détresse)

voyage par la mer / par la terre / 5 jours de voyage (5 doigts)

Site Les médias, histoire de l’humanité  
http://www.malexism.com/medias/introduction.html

 

(écriture) Extrait du lexique Le mythogramme est une représentation figurative abstraite, support d'une production orale (culturelle, mythologique) quelconque. Il ne s'agit pas que de dessins d'animaux représentant des tableaux de chasse, mais bien d'œuvres qui expriment de façon symbolique les rapports entre l'homme et son environnement. Les figures animales coexistent avec des signes géométriques de formes variées --lignes, crochets, triangles, points, etc.-- dont on n'a pas à ce jour déchiffré la signification exacte. Des mythogrammes sont attestés chez les Aurignaciens, il y a 30000 ans.

Doc.2 : Alphabet phénicien (13ème 11ème siècle av.J.C.), ancêtre de presque tous les systèmes alphabétiques

Site "Ecriture alphabétique"          
http://nymphes.ifrance.com/nymphes/culture/histoire/lesdossiers/ecriture/ecriture.htm

Doc.3 - Extrait de DeFrancis John Visible speech, The diverse oneness of writing system, University of Hawii Press, Honolulu, 1989.

[…] By and large one can say that all writing systems convey meaning by two means. The first is by the use of symbols which represent sounds and function as surrogates of speech. The second is by the use of symbols that add nonphonetic information. These two together are combined in different proportions in different scripts. Together they comprise what I call the "Duality Principle" that forms the basis for all true systems of writing.

The pervasive tendency to exaggerate the nonphonetic aspect of writing leads to several related errors that can culminate in a belief in the existence of full systems .of writing based on pictographs. One error is to think that pictographic symbols necessarily have a pictographic function, that is that pictographic symbols are always used to convey whatever ideas the pictographs as pictographs may evoke. This error can be described in other words as the failure to distinguish between form and function. Because of this failure many people are blind to the significance of the epoch-making invention that marked the birth of true writing. That invention was the rebus principle, whereby a pictographic symbol was used not for its original meaning value but specifically to represent the sound evoked by the name of the symbol. The change in function that results from using a picture as a rebus can be illustrated by the use of a picture for a bee followed by that for a leaf to express the sounds of the word belief.

The two pictures involved in this simple illustration are just as much phonetic symbols, syllabic ones in this case, as are the letters in our conventional way of writing the word. One who continues to refer to them simply as pictographs misses the central point about the nature of writing and overlooks one of the greatest inventions in human history. Pictographs used as pictographs lead nowhere.

Pictographs used as phonetic symbols lead to full writing. All inventions of full writing originated from pictographs. Not all pictographs lead to writing. The history of writing is as full of dead ends as is the history of human evolution.

The rebus principle formed the basis of three systems of writing, generally thought to have been independently developed, which were created at intervals of about fifteen hundred years: first by the Sumerians about 3000 b.c., then by the Chinese about 1500 b.c., and last by the Mayas about the beginning of our era. The systems developed by these peoples were based on exactly the same basic principle despite the differences in how their symbols look.

The particular form that phonetic symbols take, whether they look like pictures or have no resemblance to anything, is a matter of quite secondary importance. Certainly, other considerations, such as aesthetics and efficiency, are also involved. But efficiency is mostly a modern concept, and it was certainly not a major concern of the specialized scribes and elitist groups that have been primarily concerned with writing. Much more basic than these matters is the ability of all phonetic symbols of whatever shape to function as the basis of full systems of writing. […]           

DeFrancis John Visible speech, The diverse oneness of writing system, University of Hawii Press, Honolulu, 1989.


Doc4 : Le plurisystème graphique du français
d’après Nina Catach (Jean Leleux)
Texte repris du site de Henry Landroit

(bref aperçu)
L’orthographe française, fondamentalement phonétique, n’est pas un système d’écriture qui note seulement les sons. Elle est un système à double articulation : phonographique d’une part, supra ou extraphonographique d’autre part.
Sa plus petite unité est le graphème, non la lettre, qui n’est qu’un des éléments constitutifs de celui-ci. Le graphème transcrit le plus souvent un phonème : a, i au, eau sont des graphèmes qui traduisent [a], [i], [o]. (Le plus souvent, parce qu’il peut être muet ; exemples : le s de tables, le t de venait.) Globalement et plus précisément, le graphème est la plus petite unité distinctive et significative de la chaine écrite, autrement dit, c’est une lettre ou un groupe de lettres signifiant soit un phonème soit un morphème, lequel est une unité à valeur essentiellement grammaticale. Il existe plusieurs sortes de graphèmes : les phonogrammes, les morphogrammes, les logogrammes. Les phonogrammes sont les graphèmes qui transcrivent les sons. Constituant le noyau de notre système graphique, ils représentent 80 à 85 % d’un texte.

Les morphogrammes, prononcés ou non, marquent le genre (e dans variante), le nombre (s dans enfants), la personne (s dans viens) ou la liaison avec les dérivés (le d de marchand, le p de temps). lls représentent 5 à 6% des graphèmes en discours. Ils sont essentiellement les marques finales muettes (s, t, e, en particulier). Les logogrammes ou figures de mots permettent une identification immédiate ; ils lèvent une ambigüité à la lecture. Ils ont une graphie particulière. Exemples : eau (dans l’expression puiser de l’eau), ô, oh ; ou, où, houx, aout, etc. ; vin, vingt, vain, vainc... Ils représentent 3 à 6 % des mots écrits. Leur principale fonction est de permettre la distinction des homophones.
Pour être complet, il convient de faire un sort aux lettres étymologiques et historiques. Elles ne répondent pas aux critères de définition du graphème. Exemples : l’accent circonflexe, le d de poids, le h de huis, le premier n de année, mot prononcé jadis et parfois encore aujourd’hui [ãne].
« Phonogrammes, morphogrammes et logogrammes se complètent et s’opposent et il est souvent difficile de les séparer », affirme N. Catach. Leurs rapports sont suffisamment distincts mais il n’est pas possible de parler à leur sujet de système, c'est-à-dire d’un ensemble structuré rigoureusement. Il s’agit plutôt d’un plurisystème ou de plusieurs systèmes, l’un central, et relativement stable, le deuxième, couvrant d’assez larges zones de la chaine écrite, le troisième, enfin, partiel et marginal.

Jean LELEUX

Bibliographie :
Revue « Langue française », n° 20 ; revue « Pratiques », n° 25 et n° 46 ; revue « Bref », n° 22 ; N. Catach : « L’orthographe », P.U.F., col. « Que sais-je ? » ; N. Catach : « L’orthographe française », éd. Nathan.



[1] Sagart, 1999.

[2] Op.cit.