CHI521A – Hand-out N°4 - Shuowen Jiezi ~ Liushu

 

Généralités

Les précédents ouvrages lexicographiques

Modèle lexicographique

jinwen / guwen 古文 / 今文

Xiaozhuan 小篆

Thesaurus : 9353

La postface du Shuowen (cf. Handout N°6)

Le Shuowen comme source indirecte en paléographie Qin et pré-impériale

Aperçu de l’histoire de la paléographie chinoise

Editions du Shuowen

Bibliographie :

Shuowen : principale référence transmise pour la 'petite sigillaire' de Qin (/Han) xiaozhuan

Autres sources paléographiques du xiaozhuan  de Qin'

Une source indirecte de graphies archaïques : zhouwen 籀文 et guwen 古文

Le Shizhoupian   (籀文、大篆)

Les copies de classiques retrouvées sous les Han : guwen 古文

La découverte

La querelle guwen-jinwen

La lignée des Guwen-istes :

Localisation et périodisation des guwen  et des zhouwen

Opérateurs des variantes archaïques

Les autres sources indirectes de graphies archaïques

Les Classiques sur pierre

Le Hanjian et le Guwen sisheng yun

Les Liushu : nomenclature en six catégories des caractères chinois

Contexte de l’émergence des liushu

Les limites des Liushu

Les six catégories

Mentions des Liushu  dans les sources transmises

Zhishi

Xiangxing

Xingsheng

Huiyi

Le concept de huiyi

Zhuanzhu

Sun Changxu 

Le courant zhuxingpai  主形派

Le courant zhuyipai  .

L’autre voie

Synthèse

Jiajie

Opérateurs des liushu

Exemples

Des six catégories aux trois catégories

 

Généralités

Les précédents ouvrages lexicographiques

Plus ancien dictionnaire transmis de caractères chinois. Depuis sa présentation à l'empereur 安帝 An Di des Han Postérieurs, en 121, il a servi de modèle aux ouvrages lexicographiques de la Chine impériale. Il est aujourd'hui encore une référence de premier ordre pour les recherches en linguistique diachronique.

Le 尔雅 Erya [1] qui l'a précédé de quelques siècles n'était qu'un petit ouvrage donnant les synonymes des mots classés en différentes catégories agrémenté parfois d'une courte définition.

[Voir le Erya en ligne : http://www.guoxue.com/jinbu/13jing/erya/13j_eyml.htm]

 

le Fangyan  方言, de Yang Xiong 

[voir : http://home.henannu.edu.cn/yuwen/jpkc/02/2.5.htm]

Modèle lexicographique

La notoriété extrêmement rapide du Shuowen en fit un ouvrage de référence dès l’époque de son auteur [2].

Par ailleurs, le Shuowen sera au programme de la formation des fonctionnaires Tang avec le Shijing  et le Zilin.

Au-delà du fait que ses entrées sont rendues en sigillaire de Qin xiaozhuan, la canonisation du Shuowen  a grandement contribué à la stabilisation de la notation avant que le développement de l’imprimerie ne vienne soutenir la prolifération des variantes [3].

Le Shuowen restera la principale référence des grandes entreprises lexicographiques dans la Chine impériale. Les Tang, notamment, en réaction contre les effets de manifestations régionalistes pendant la période des dynasties du Nord et du Sud, procédèrent à une réorganisation de la notation (épuration des simplifications populaires et des formes vulgaires), qui suscita un essor des travaux autour du Shuowen, érigé en garant de l’orthodoxie lexicographique.

jinwen / guwen 古文 / 今文

La rédaction du Shuowen Jiezi est indissociable du contexte de l'entreprise de reconstitution des classiques confucéens du début des Han, ainsi que des découvertes de manuscrits antérieurs à l'unification impériale qui lui firent suite. Xu Shen 许慎 originaire de l'actuelle 郾城 Yancheng (河南) consacra ses travaux à l'étude des Cinq Classiques (易经,书经,诗经,礼记,春秋). Il fut parti prenante de l'école d'exégèse des classiques archaïsants (guwen 古文) opposée à l'école défendant les classiques « d'époque » (今文). Auteur d'un 五经 异义Wujing Yiyi aujourd'hui perdu, Xu Shen est déjà signalé dans le Hanshu comme un inégalable exégète des Cinq Classiques.

Xiaozhuan 小篆

Le Shuowen a permis la pérennisation de la notation chinoise en petite sigillaire (xiaozhuan 小篆) de l'empire Qin, qui était déjà tombée en désuétude à l'époque Han. Il a ainsi facilité les premiers déchiffrements d'inscriptions oraculaires de l'époque Shang retrouvées au début du 20ème siècle.

Thesaurus : 9353

Le Shuowen est un véritable thesaurus qui présentent 9353 entrées en petite sigillaire et (au moins) 700 variantes pré-impériales (guwen古文zhouwen籀文).

A titre de comparaison, les Quatre Canons (Mengzi, Daxue, Zhongyong et Lunyu) contiennent 2200 sinogrammes distincts, le Shijing en contient 3000, le Shujing moins de 2000.

La postface du Shuowen (cf. Handout N°6)

La postface du Shuowen présente l'état des connaissances de l'époque sur la nature et l'histoire de l'écriture, ainsi que la table des 540 clefs qui structurent le dictionnaire.

Son récit sur l'origine de l'écriture est émaillé de citations du corpus divinatoire Yijing. Sa présentation des Six Types de Caractères Liushu 六书 a suscité nombre de discussions tout au long de l'histoire jusqu'à nos jours.

Le Shuowen comme source indirecte en paléographie Qin et pré-impériale

Aperçu de l’histoire de la paléographie chinoise

Han : découvertes de manuscrits de canons antérieurs à l'unification impériale (fin R.C.). Perdus.

En 279, manuscrits sur fiches de bambous de principauté de Wei (R.C.) exhumés d'une tombe (Actuel Henan). Perdus.

Tang (618-907), dans la province du Shanxi, groupe d’inscriptions sur pierre de la principauté de Qin de l’époque des P.A., les Shiguwen (« Tambours de Pierre »). Poèmes relatant les activités cynégétiques de l’aristocratie Qin, d'abord attribués au roi Xuan des Zhou Occidentaux.

Progrès des techniques de reproduction xylographique qui permettent la reproduction des inscriptions anciennes.

Song (960-1279) apparition d'ouvrages spécialisés en paléographie pré-impériale (Kaogutu de Lu Dalin (1042-1090),  Lidai Zhongding yiqi kuanshi de Xue Shanggong ( ?- ?)…). Ouverture des bibliothèques impériales + découvertes d’inscriptions rituelles sur vaisselle sacrée.

Editions du Shuowen

Dynastie Song : frères Xu, Xu Xuan (917-992), Xu Kai (920-974)

Erreurs et ingérences apocryphes ;

Développement de l'Etude du Shuowen 说文学 ;

 

Deuxième moitié de la dynastie Qing : floraison des études sur le Shuowen ; commentaire de Duan Yucai (1735-1815) ; approche positive et désacralisée du Shuowen.

Les progrès de l’épigraphie au 20ème siècle, tout en continuant de dévoiler les limites du livre culte, ne cessent de le confirmer comme incontournable référence auxiliaire en grammatologie chinoise pré-impériale..

Bibliographie :

Duan Yucai, 说文解字 Shuowen jiezi zhu, Shanghai guji chubanshe, 1981.

Pour les détails sur les éditions du Shuowen, voir M. Loewe :  "Early Chinese Texts : a bibliographical guide", University of California, Berkeley.

 

Shuowen : principale référence transmise pour la 'petite sigillaire' de Qin (/Han) xiaozhuan

Le Shuowen avec ses 9353 entrées, est le seul ouvrage lexicographique de petite sigillaire transmis.  Il fait la synthèse des références Qin/Han perdues suivantes :

- les ouvrages lexicographiques de l'empire Qin :

1- Cangjiepian   ,
2- Yuanlipian 
爰历篇,
3- Boxuepian 
博学篇,
respectivement attribués à Li Si, Zhao Gao ( ?-207) et Huwu Jing (premier ministre, chef des attelages et grand astrologue de l’empereur Qinshihuang).

- les ouvrages lexicographiques de petite sigillaire des premiers Han :

4- Cangjiepian  ou Sancang  篇,三 (3300 caractères, synthèse des trois ouvrages des Qin) ;

5- Xunzuanpian 训纂篇 (2040 caractères) de Yang Xiong 揚雄 (-53 ; +18), qui rassemble les révisions et additifs transmis à la cour par les lexicographes de tout l’empire.

►Ces deux ouvrages aujourd’hui perdus (totalisant plus de 5340 caractères) constituèrent la base des manuels Han ainsi que le noyau du corpus du Shuowen  achevé en 101 ap. J.C.

►Bien qu’il s’agisse d’une source de seconde main, le Shuowen, a donc permis de conserver l’aspect du xiaozhuan,  c’est à dire de la dernière forme historique de l'antique curviligne (zhuan). Ceci est d'autant plus important que les documents paléographiques de première main pour la principauté et l'empire Qin sont peu nombreux.

Autres sources paléographiques du xiaozhuan  de Qin'

Soulignons la faible quantité des matériaux paléographiques disponibles pour Qin ;

- principauté de Qin (P.A. et R.C.) :

Shiguwen   (« Tambours de pierre »), retrouvées durant la dynastie Tang, pas antérieurs au milieu voire à la fin des Printemps et Automnes ; dix poèmes décrivant les grandes chasses de l’aristocratie Qin (total de 700 caractères, seulement 270 environ encore lisibles); la copie et les trois estampages sont reproduits dans l’étude de Guo Moruo, Shiguwen yanjiu, Pékin 1982.

Zuchuwen  (« Malédictions contre Chu »), retrouvés sous les Song du nord puis perdues, sont constituées à l’origine de trois pierres, inscrites chacune d’un texte de 320 caractères, différant essentiellement par le nom de l’esprit invoqué pour obtenir l’assistance dans une compagne de répression contre Chu à la suite de son attaque contre Qin. Ces inscriptions auraient été réalisées en 313 av. J.-C.. Leur aspect d’origine ne nous est connu qu’à travers des copies ou des estampages qui ont été remaniés (sur la base de reproduction datant des Song et aujourd’hui perdues). Moyennant ces réserves quant à leur fidélité par rapport aux originaux, ces reproductions restent cependant une source indirecte pour l’étude de la notation de la principauté de Qin. (Voir Guo Moruo Zuchuwen kaoshi, pékin 1982.

  Qingonggui   (123 caractères) et Qingongbo  (143 caractères), datés du début des P.A..

▪ Pour la période des Royaumes Combattants, on dispose d’une grande quantité d’armes, portant de courtes inscriptions et « semées » sur tout le territoire lors de la compagne de conquête orientale de Qin, ainsi que de quelques hufu 虎符 (« emblèmes en forme de tigre ») en cuivre avec des inscriptions sous forme d’incrustation d’or. Elles étaient utilisées pour accréditer les chefs militaires et datent de la période qui encadre l’unification impériale.

- courte période de l’empire Qin :

▪ la principale source est constituée par ce qui reste des 7 stèles de pierre (ou de leurs estampages transmis) érigées à la gloire de Qinshihuang au cours de ses voyages (entre 219 et 210). Les textes de ces stèles en vers rimés de 4 pieds, sont presque tous retranscrits dans le Shiji (au chapitre Qinshihuang benji). Par ailleurs, le texte d’un édit impérial émis la première année de l’empire ainsi que le texte d’un édit du successeur Ershi, incisés ou moulés sur différents types de récipients de mesure en bronze, en faïence ou en fer ont été reconstitués.

Bibliographie :

Le recueil Qin keshi wenzi xuan, Shanghai 1976 permet d’accéder à l’aspect paléographique de ces documents peu nombreux.

On a retrouvé récemment des tablettes de bambous à Shuihudi (Yunmeng, province du Hebei) qui sont représentatives de la régulière de Qin (秦隶). 

 

Une source indirecte de graphies archaïques : zhouwen 籀文 et guwen 古文

Derrière les 9353 zhengti    « graphies régulières » rendues en sigillaire de Qin, sont mentionnées 1180 variantes dont environ 700 variantes pré-impériales. Ces variantes archaïques sont de deux types selon leur provenance :

zhouwen    « graphies Zhou » (aussi nommées dazhuan  « graphies grande sigillaire »);

guwen    « graphies anciennes ».

Le Shizhoupian   (籀文、大篆)

D’après le Hanshu     et la postface du Shuowen, un ministre du roi Xuan    (règne de 827 à 782 av. J.-C., fin des Zhou Occidentaux) aurait compilé un catalogue de caractères destiné à l’éducation des enfants nobles. Cet ouvrage transmis sous le nom de Shizhoupian  (« Tablettes de l’analyste Zhou » [4]) perdu durant l’interrègne de Wang Mang, aurait été retrouvé au début des Han postérieurs, amputé de 6 chapitres [Houhanshu, ch. Yiwenzhi]. Ce manuel, sans doute un des premiers ouvrages à visées normatives antérieur à l’empire fut jugé suffisamment précieux pour être épargné de l’incendie des livres ordonné par Qinshihuang en ‑213, et servit de base aux trois manuels de diffusion de l’écriture standardisé xiaozhuan.

Xu Shen des Han Orientaux put donc consulter 9 chapitres du Shizhoupian. Le manuscrit ayant été à nouveau perdu durant la dynastie Jin, les quelques 220 variantes zhou égrainées dans Shuowen sont aujourd’hui l’unique témoignage qui nous en soit parvenu. A ce nombre toutefois il faut très probablement ajouter un nombre important zhouwen 'dissimulés' dans les entrées régulières du Shuowen (正篆). En effet, il est probable que les graphies zhou ne sont explicitement signalées que dans les cas où leur contrepartie xiaozhuan présente une variation par rapport à sa contrepartie zhouwen. Qu’une entrée régulière n’ait pas de variante zhou, ne signifie donc pas nécessairement que le caractère était absent du Shizhoupian, mais le plus souvent, que le zhouwen  était identique au xiaozhuan  transmis.

Les copies de classiques retrouvées sous les Han : guwen 古文

La deuxième source des variantes archaïques du Shuowen, celle des guwen 古文, « graphies anciennes » est essentiellement constituée par les manuscrits sur bambous et bois des textes confucéens Liji, Xiaojing, Lunyu ainsi que Shujing que l’on retrouva à Lu lors de la démolition de la demeure de Confucius sous le règne de l’empereur Jing (157 à 141 av. J.-C.) et sans doute aussi par d’autres copies pré-impériales de ces textes récupérées sous les premiers Han, parmi lesquels notamment un manuscrit du Chunqiuzhuan. (Ceci se déduit de la présence de 3 voire 4 variantes anciennes derrière une même entrée du Shuowen[5].

Terminologie : guwen 古文, dès l’époque Han, ce terme avait donc en fait deux acceptions :

-         il désignait au sens large les formes graphiques antérieures à l’unification impériale ; ainsi en effet sont nommées les rares inscriptions sur bronze (datant probablement des Zhou Occidentaux) retrouvées sous les Han (voir Hanshu).

-         Au sens étroit, il désignait spécifiquement les graphies des manuscrits des textes confucéens retrouvés principalement dans l’ancienne demeure de Confucius, et que nous pouvons aujourd’hui considérer comme des copies datant de la fin des Royaumes Combattants.

-         Le terme désignait aussi dans cette acception, par extension, l’école de savants qui avaient authentifié ces manuscrits face à l’école adverse des jinwen-istes, 今文 (graphie d’époque) qui niaient leur authenticité.

Aujourd’hui le terme guwen  a toujours deux acceptions :

-         au sens large, il désigne les formes graphiques antérieures à l’écriture régulière ou ‘de chancellerie’ (lishu 隶书) (voir par exemple le terme « guwenzixue » 古文字学),

-         et au sens étroit, les graphies pré-impériales transmises en seconde main (guwen du Shuowen, du Hanjian, du Guwen sishengyun, des santishijing ...).

La découverte

La découverte des « livres du mur » doit être replacée dans le contexte de la reconstitution des textes confucéens détruits lors de l’incendie des livres sous les Qin.

D’un côté, des officiers de l’empire furent chargés de rechercher dans tout le pays les maîtres qui en avait perpétué oralement l’enseignement, et de les recopier, sous leur dictée, dans l’écriture vernaculaire des Han, le lishu  (Hanli  汉隶) « écriture de chancellerie ».

D’un autre côté, on rechercha (ou découvrit fortuitement) dans les provinces des manuscrits qui avaient échappé à la prohibition des livres édictée sous les Qin. Ces manuscrits, comme les « livres du mur » Bizhongshu 壁中书 étaient rédigés, nous le savons aujourd’hui, dans les écritures des principautés orientales des Royaumes Combattants (probablement Qi et Lu -)  qui n’étaient déjà plus familières aux lettrés Han et de ce fait, furent remisés dans la bibliothèque impériale.

« A l’époque de l’empereur Jing, Lugong fit démolir la salle d’enseignement de Confucius pour en faire son palais, il trouva 100 tablettes du Shangshu à l’intérieur d’un mur. L’empereur Wu envoya un émissaire les examiner, qui fut incapable de les lires, par suite elles furent entreposées à la bibliothèque centrale… », Wang Yun, Lunheng, ch. Zhengshuopian.

La querelle guwen-jinwen

C’est grâce à l’intérêt que leur porta d’abord Liu Xiang 刘向 (77 av. J.-C.) secrétaire des bibliothèques, puis son fils Liu Xin 刘歆 ( ?- 23) nommé pour éditer les Classiques, que ces manuscrits négligés dans un premier temps, furent sauvés de l’oubli et purent être étudiés. La reconnaissance de l’authenticité des « Ecrits du mur » (que les découvertes épigraphiques du 20ème siècle ne permettent plus de mettre en doute), provoqua une violente polémique qui opposa pendant un siècle une école pour l’étude des Classiques en guwen « graphisme ancien » à une école de sceptiques inconditionnels  des classiques établis en jinwen « graphisme d’époque », le lishu des Han.

L’authentification des ‘Ecrits du mur’ redevint un sujet de polémique avec les héritiers de l’école des jinwen-istes à l’époque de la dynastie Qing. Ils invoquaient entre autres arguments, la confusion des relations de la découverte dans les sources historiographiques.

Voir la Postface du Shuowen (Handout n°6).

La lignée des Guwen-istes :

C’est dans le sillage direct des travaux sur les manuscrits en guwen  de Liu Xin 刘歆 puis de Jia Kui 贾逵, dont Xu Shen, lui-même savant commentateur des textes classiques, fut le disciple, ainsi que dans le contexte des polémiques avec les jinwen-istes que s’inscrit la mise en chantier du Shuowen Jiezi à qui l’on doit donc aussi la conservation de certains aspects du patrimoine littéraire antique, datant au plus tôt de la fin des Royaumes Combattants.

Localisation et périodisation des guwen  et des zhouwen

Que représentent en terme de périodisation et de localisation ces graphies archaïques du Shuowen ? Il a dans un premier temps été établi [Wang Guowei 1877-1927, Guantang jilin, 1953], une distinction entre deux traditions graphiques divergentes à l’époque des Royaumes Combattants, toutes deux affiliées en amont au système des Zhou Occidentaux : celles des « principautés orientales 东土», et celles des principautés occidentales (Qin).

De part sa proximité géographique avec l’ancienne capitale royale Zongzhou (actuelle Xi’an au Shanxi), Qin aurait hérité de l’écriture de la fin des Zhou Occidentaux.

Ainsi les graphies anciennes guwen et les graphies zhou zhouwen seraient elles respectivement représentatives des ces deux traditions graphiques des Royaumes Combattants. La thèse de Wang Guowei peut être visualisée ainsi :

Ecriture des Zhou Occidentaux

Zhouwen

                                                                  

Terres occidentales (Qin)                      Terres orientales (Qi, Lu, Yan, Zhao, Wei, Han)

Zhouwen                                             guwen

 

La confrontation de la documentation paléographique de cette période avec les variantes archaïques du Shuowen montre en effet l’existence d'un grand nombre de correspondance entre les guwen du Shuowen et les inscriptions des principautés orientales des Royaumes Combattants :

guwen  du Shuowen 古文

caractères retrouvées sur dans la documentation paléographique des terres orientales

 ]  {   } (>> she4)

} (中山王鼎 ) *[6]

]   } (>> zhai)

}  (信陽楚简 Xinyang Chujian

La confrontation de la documentation paléographique relevant de la principauté de Qin (principalement Shiguwen, Zuchuwen, Qingongzhong, et Qingonggui) permet d’authentifier certaines variantes zhou du Shuowen :

zhouwen  du Shuowen 籀文

caractères retrouvées sur dans la documentation paléographique de la principauté de Qin

[]  } (>> xian )

{} (石鼓文 Shiguwen )

 ]   } (>>you )

}  (石鼓文 Shiguwen )

Cependant, dans le détail, ces deux lignées sont loin d’être aussi nettes, et l’on rencontre des guwen  dans le système graphique de Qin, et (dans des proportions beaucoup plus limitées il est vrai *) des Zhouwen  dans les systèmes graphiques régionaux des terres orientales.

* Néanmoins, les zhouwen signalés dans le Shuowen ne sont pas tous les zhouwen, comme nous l’avons soulignés plus haut.

Par exemple :

guwen  du Shuowen 古文

caractères retrouvées sur dans la documentation paléographique de la principauté de Qin

 [ ]  } (>>  nüe )

} (詛楚文 Zuchuwen )

  ]   } (>>  qu )

 

}  (石鼓文 Shiguwen )

zhouwen  du Shuowen 籀文

caractères retrouvées sur dans la documentation paléographique des principautés orientales

]  { } (>> bai )

} (鄂君節 Ejunjie  de Chu  )

]   } (>>  yin )

 

}  (哀成叔鼎 Aichengshudingi  de Han   )

De la même façon certains guwen ou zhouwen ne sont pas spécifiques à une aire régionale ou historique, mais sont commun aux notations des Shang jusqu'aux Royaumes Combattants.

Exemples :

 [] variante guwen  de  , est attesté dans le système Shang puis réapparaît comme graphèmes composant aux Royaumes Combattants ;

[] variante zhouwen  de est attesté dès le début des Zhou Occidentaux (Yuding, Huding, Sanpan…) et 'réapparaît' à Qin (Shiguwen) et dans les principautés orientales (Qihouhu)

[] guwen  de      attesté dans les notations Shang et Zhou jusqu’au R.C.

Ainsi, si l’on retient les deux lignées de Wang Guowei, non seulement certains caractères des notations orientales se diffusent à Qin (ce que Wang Guowei reconnaît), mais les zhouwen également sont loin d’être l’exclusivité de la notation de Qin héritée en principe des Zhou Occidentaux, contrairement à ce qu’il affirme à une époque, il faut le souligner à sa décharge, où les découvertes paléographiques datant des R.C. sont encore insuffisantes. La raison (logique) de l’apparente diffusion des zhouwen dans les principautés orientales est que le Shizhoupian, manuel destiné à l’origine à l’éducation des enfants de l’aristocratie, a dû se diffuser assez largement sous la forme de copies qui, si elles respectèrent pour l’essentiel l’aspect quantitatif de l’ouvrage original, durent faire subir des changements graphiques à un bon nombre de caractères.

Pour corroborer cette hypothèse [7], citons l’exemple du manuel Cangjiepian  (basé sur le Shizhoupian) dont des fragments d’exemplaires datées du début des Han ont été exhumés ces dernières années. Ces fragments présentent entre eux des variations graphiques importantes. Ainsi on peut extrapoler que les zhouwen cités par Xu Shen sont extrait d’un exemplaire du Shizhoupian  à certains égards différent du texte original. Il est ainsi très plausible que le Shizhoupian soit devenu un recueil de graphies d’origines multiples (historiques, régionales, des Shang aux R.C., de Qin et des terres orientales). Ce qui explique en partie pourquoi on retrouve aujourd’hui des zhouwen  dans la documentation paléographique issue des régions orientales. Cette hypothèse peut être schématisée de la façon suivante :

Notation Shang

籀文 Zhouwen 

Notation des Zhou Occidentaux

                                                                                                           

籀文 zhouwen                       籀文 zhouwen  +  古文 guwen

Qin                                                        Principautés orientales : Qi, Lu , Zhao, Wei…)

Opérateurs des variantes archaïques

Voir le détail dans Handout n°5

Il n’est pas aisé d’évaluer le nombre exact des variantes archaïques du Shuowen. Si l’on ne comptabilise que celles qui sont désignées comme telle par Xu Shen on obtient environ 480 guwen  (dont une cinquantaine de doublets) et environ 210 variantes zhou (ceci est le chiffre obtenu par notre propre décompte, qui tient compte des cas flagrants où l’entrée n’est pas le xiaozhuan mais le zhouwen[8].                

Les variantes archaïques sont introduites dans les entrées après l’analyse graphique du caractère, à l’aide d’un certain nombre d’opérateurs, dont les principaux sont les suivants :

a) guwen ‘graphie ancienne’, le signe '◊ 'remplace la graphie ancienne, le signe 'ٱ' remplace le caractère entrée, A et B remplacent les éléments composants (graphèmes) ;
1- … ◊ 
  ٱ                    :           ◊ graphie ancienne de ٱ

2- … ◊    ٱ,  A ( B) :       ◊ la graphie ancienne de ٱ est formée de A (et de B)

3- … ◊    ou  ◊     :           ◊ graphie ancienne ou graphie ancienne ◊

4- … ◊    ٱ,  …ou … :    la graphie ancienne (représente, ressemble à …) ou (est abrégée de …)

b) zhouwen ‘graphie zhou

1- … ◊  籀文 ٱ               :                  ◊ graphie zhou de ٱ

2- … ◊  大篆  A ( B)     :           ◊ en grand sigillaire est formé de A (et de B)

3- … ◊    ٱ             :                  ◊ variante de ٱ selon le Shizhoupian

En réalité, l’examen minutieux des entrées du Shuowen  révèle qu’un certains nombre de variantes archaïques ont été élevées au rang d’entrées régulières (zhengti). Dans un petit nombre de cas, cela se déduit avec certitude de la logique de la glose. Ainsi, les entrées derrière lesquelles sont signalées simultanément une variante sigillaire et une variante zhou, peuvent être considérées comme des guwen, ‘graphies anciennes’.

 ] zhe2, [SHW 1-B, clef  ] (shw p.25b),

est suivie de sa contrepartie sigilaire zhuanwen (=xiaozhuan)  

et d’une contrepartie zhouwen  [ ].

 

Son évolution graphique dans l'antiquité :

 

 

Voir aussi les entrées :  

[] quan quan3. (shw p.239)

bai4 (<[ ]) (shw p.68),

qin2 (<[       ]) (shw p.146),

rong2 (<[       ]), (shw p.239),

zhui3

[       ] liu2 ,

xian2

De nombreux guwen conservés sur les Classiques sur pierre dans les trois styles (Santi shijing) correspondent en fait à une entrée régulière du Shuowen [9] (voir ci-dessous).

Les autres sources indirectes de graphies archaïques

Les Classiques sur pierre

Une énorme quantité de matériaux paléographiques a été mise à jour pour la période pré-impériale, et notamment la période des R.C. ces dernières décennies. Pourtant on trouve encore parmi les guwen du Shuowen (dont nous venons de voir le crédit qui pouvait leur être accordé), bon nombre de graphies qui n’ont pas encore été authentifiées dans la documentation paléographique (de première main). Le grammatologue du 20ème siècle peut donc encore tenir compte de ces données de seconde main, même si elles n’ont pas la même valeur que les matériaux authentiques (absence de contexte, problème de recopiage…).

Les sources originales des guwen du Shuowen ne se sont malheureusement pas transmises.

Après les polémiques entre guwen-istes et jinwen-istes, les derniers Han éprouvèrent le besoin d’établir une édition fiable et définitive des Classiques. C’est ainsi que furent gravées et érigées à Luoyang les stèles connues sous le nom de Xiping shijing 熹平石经 (‘Classiques sur pierre du règne du roi Xi Ping’) [10].

L’édition avait certes été établie en tenant compte des versions archaïques retrouvées sous les Han, mais elle utilisait le style clérical d’époque hanli, occultant ainsi les spécificités des manuscrits archaïques susceptibles d’intéresser les amateurs d’écriture ancienne et les savants.

Ceci explique que sous les Wei, en 241, soit une soixantaine d’années plus tard, furent cette fois élevées à côté des Xiping shijing les stèles dites des ‘Classiques sur pierre en trois styles’ Santi shijing  三体石经 (également nommées Wei shijing ou Wei Zhengshi shijing 魏石经 ou 魏正始石经), pour répondre au besoin d’un nombre croissant d’amateurs et de spécialistes des classiques archaïques. Cette date nous est connue grâce à la trouvaille en 1957 à Xi’an d’un fragment portant la mention de la 2ème année de Zhengshi  正始 (241). Ces stèles présentaient les textes des classiques [11] dans trois transcriptions, l’une dans le style des guwen, l’autre dans le style sigillaire xiaozhuan et le troisième en style régulier (de chancellerie) lishu.

  Aujourdhui, ces stèles et les mentions de guwen dans le Shuowen sont les seules sources reflétant quelques aspects des manuscrits retrouvées sous les Han. L’ensemble des fragments qui nous sont parvenus de ces stèles, ainsi que les fragments que l’on a retrouvés au 20ème siècle nous livrent environ 440 graphies anciennes distinctes [12]. Leur confrontation avec le Shuowen  d’un côté et la documentation paléographique de l’autre, permet, même si les tracés sont souvent approximatifs, de les authentifier comme graphies archaïques de seconde main. Elle atteste également de la circulation, depuis les Han de plusieurs manuscrits différents des mêmes textes, datant des R.C [13].

Le goût pour la collection des graphies archaïques se perpétua tout au long de l’histoire. D’autres stèles de pierre aujourd’hui perdues, furent érigées sous les Tang. Des copies de copies de manuscrits datant de la fin des Zhou Orientaux continuèrent à circuler. Mais c’est à deux savants de la dynastie Song qu’on doit les uniques thésaurus de graphies archaïques de secondes mains : le Hanjian et le Guwen sishengyun.

Le Hanjian et le Guwen sisheng yun

L’élaboration de ces deux recueils des Song prend place dans la période de transition entre les études traditionnelles de graphies archaïques essentiellement basées sur les guwen du Shuowen et les ‘Classiques sur pierre en trois styles’, et la naissance de la paléographie [14] se fondant sur l’étude de matériaux authentiques, notamment bronzes rituels et inscriptions sur pierre de la principauté de Qin (Shiguwen) [15]. Dans le Hanjian, Guo Zhongshu a recueilli, d’une soixantaine de sources (pour la plupart toutes perdues), 2400 graphies archaïques distinctes (sur 2962 citées). Ces tracés de seconde main circulaient à son époque dans les Classiques sur pierre, les copies transmises de manuscrits archaïques, le Shuowen, dont il suit le système d’indexation, diverses stèles… Grâce au Hanjian par exemple il est possible de restituer certains guwen  du Shuowen qui ont disparus ou bien ont été mal recopiés dans l’édition transmise, ainsi que des graphies des classiques sur pierre.

C’est sur la base du Hanjian, mais avec beaucoup de sources supplémentaires (près d’une centaine dont quelques bronzes rituels) et un classement des caractères selon les rimes, que Xia Song (985-1051) compilera le Guwen sishengyun  achevé en 1044. Il contient environ 9000 graphies, dont beaucoup sont transcrites en clérical, ce qui diminue sensiblement sa valeur par rapport au Hanjian en ce qui concerne l’exactitude des tracés.

La découvertes et l’étude d’inscriptions authentiques sous les Song, ainsi que l’aura persistance du Shuowen nuirent à la renommée de ces deux ouvrages. S’ils sont réhabilités aujourd’hui, assez récemment d’ailleurs, c’est que les matériaux paléographiques découverts au 20ème siècle pour la période des R.C. permettent de vérifier qu’ils ne sont pas un tissu de caractères farfelus ou inventés, comme l’accusation avait pu leur être portée. Guo Zhongshu et Xia Song ont honnêtement rendu compte de sources de seconde main qui peuvent être aujourd’hui authentifiées comme provenant par transmissions successives de documents antiques. Ces deux ouvrages ont été récemment réédité par la Zhonghua shuju sous la direction de Li Ling [16].

Les Liushu : nomenclature en six catégories des caractères chinois

Contexte de l’émergence des liushu

L’étude des Liushu est une étape préalable aux études sur l’écriture chinoise, parce que ces Six catégories ont orientés tous les travaux sur l’écriture en Chine, et qu’elles ont profondément orienté la conscience graphique des lettrés chinois.

Les Six Catégories sont présentées dans les premières sources transmises comme les principes fondamentaux de création des caractères (voir plus bas 班固 Hanshu ).

L’apparition du modèle des Six Catégories est à resituer, du point de vue de l’histoire de l’écriture chinoise, au confluent de deux facteurs historiques (externes) interdépendants qui sont :

-         La menée depuis le début des Han de travaux philologiques sur les copies de Classiques archaïques rédigés dans des styles antérieurs à l’unification impériale et divergentes a certains égard des éditions circulant sous les Han en graphisme de chancellerie.           
L’existence de versions différentes de mêmes textes permit à un groupe de savants éclairés de prendre conscience que l’écriture chinoise avait connu une évolution, et que l’écriture vernaculaire des Han avait opacifié dans une certaine mesure le rapport entre les caractères et leurs étymologique graphique ; il fallait tenir compte de ces données dans les commentaires de textes rédigés aux époques antérieures.

-         L’autre grand facteur social qui favorise l’établissement des Liushu, est une puissante sollicitation sociale vis à vis de cette notation. Nous l’avons vu, la notation chinoise à l’époque Han, sort d’une période où elle a connu un accroissement quantitatif énorme et non homogène (régionalisme) ; dans le même temps elle a subit une révolution formelle considérable, par le développement de la réguière li qui paracheva définitivement le divorce entre le système graphique et ses origines pictographiques.            
Le foisonnement d’interprétations kabbalistiques des caractères sous les premiers Han, peut se comprendre comme l’indice d’une nécessité de trouver des moyens mnémotechniques pour retenir les caractères. L’école des jinwen-istes s’appuie sur les tracés lishu, les guwen-istes vont pousser en avant une dimension savante et historique, mais qui aboutit de fait aussi, (notamment grâce au concept de bushou 
qu’elle engendre, à une restructuration pragmatique de la notation chinoise, facilitant son apprentissage, sa médiatisation, sa pérennisation.

Les limites des Liushu

Ce modèle est le fruit des travaux des guwen-istes de l’époque Han, mais de là à considérer les Liushu  comme les saints principes utilisés par Cang Jie quand il créa l’écriture, il y a une marge, que les savants chinois ont franchi.

La valeur théorique et pragmatique des Six Catégories est immense à son époque, mais la canonisation du Shuowen a conduit à une idéalisation du modèle, qui a longtemps empêché sa réévaluation dans les époques ultérieures. Rappelons en effet les limites des Six Catégories dans leur valeur théorique générale :

-          L’ignorance des lettrés Han des états d’écriture antérieurs aux RC, (la connaissance des systèmes des R.C étant elle même extrêmement fragmentaire),

-          Des visées philologiques : l’élucidation de l’emploi des caractères dans les classiques transmis.

Les nomenclatures utilisées aujourd’hui en Chine pour différencier les différentes catégories de caractères sont les héritières directes des Six Catégories.

La conscience graphique des chinois et des savants chinois travaillant sur l’écriture fait corps avec les Six Catégories et a influencé par voie d’importation, les premiers contacts de l’occident avec l’écriture chinoise. Ce n’est que très récemment, qu’en Chine est en Occident, on commence a admettre les Six Catégories s’avèrent, vue d’aujourd’hui, limitées dans leur portée théorique générale dans le contexte d’une recherche considérablement sollicitée par les découvertes archéologiques depuis près d’un siècle et les progrès de la linguistique moderne.

Les six catégories

Mentions des Liushu  dans les sources transmises

Ban Gu dans Hànshū, ch. Yìwénzhì  [汉书, 艺文志]:

"古者八岁入小学, 故周官保氏养国子,教之六书, 象形, 象事, 象意, 象声, 转注, 假借, 造字之本也."

"Gǔ zhě bā suì rù xiǎoxué, gù Zhōu guān bǎo shì yǎng guózǐ, jiāo zhī liùshū, wèi xiàngxíng, xiàngshì, xiàngyì, xiàngshēng, zhuǎnzhù, jiǎjiè, zào zì zhī běn ."

 

Zhèng Xuán 郑玄 commente un passage du Zhōulǐ, ch. Dìsuì, section Bǎoshì  [周礼 , 地岁 , 保氏] en citant Zhèng Sīnóng 郑司农 (=Zhèng Zhòng 郑众) :

"六书, 象形, 会意, 转注, 处事, 假借, 谐声."

Mais l’expression complète des Liushu  revient à Xu Shen, qui donne des exemples et applique la nomenclature aux entrées du Shuowen.

Xu Shen dans Shuowen Jiezi (voir Handout n°6) :

, , , .
Zhǐshì zhě, shì ér kě shí, chá ér kě jiàn , shàng xià shì yě.

, , , .  ( =    )
Xiàngxíng zhě, huà chéng qí wù, suí tǐ jī qū, rì yuè shì yě. (=)

, , ,
Xíngshēng zhě, yǐ shì wèi míng, qǔ pì xiāng chéng, jiāng hé shì yě

=    . ou l’inverse ?

, 合谊, + ,
Huìyì zhě, bǐ lèi hé yì, yǐ jiàn zhǐ huī, wǔ xìn shì yě

, 类一 , ,
Zhu
ǎnzhù zhě, jiàn lèi yī shǒu, tóng yì xiāng shòu, kǎo lǎo shì yě

, , ,
Ji
ǎjiè zhě, běn wú qí zì, yī shēng tuō shì, lìng zhǎng shì yě

Voici les six catégories énoncées dans le Shuowen suivis de leurs diverses équivalences plus ou moins admises en français. 

L’exigence de concision de cette présentation versifiée va à l’encontre de l’exigence de clarté. C’est probablement qu’à l’époque, ces catégories bénéficiaient d’un consensus quand à leur interprétation, du moins au sein de la communauté des savants guwenistes.

Les Six catégories :

Catégorie

Définition du Shuowen  et exemples pilotes

Equivalences

1.       zhishi

« indiquant les choses (signifiées) »

« On le reconnaît en le voyant, on comprend son sens en l’examinant »

§         Symbologramme

§         pictosymbologramme

§         symbole

§         tracé symbolique

§         déictogramme …

2.       xiangxing

« figurant la forme »

« il esquisse l’objet qu’il représente, en suivant les courbes de sa forme »

§         rébus direct

§         idéogramme

§         pictogramme simple

§         image

§         pictogramme

3.       xingsheng

« forme et son »

« il est formé à la fois  [du caractère] d’une chose (shi) pour la prononciation (ming), et [du caractère d’une clef] choisie par association d’idée (/ pour clarifier le sens)»

§          composé comportant l’indication d’un son et celle d’un sens

§          combinaison graphique et intellectuelle

§          signe complexe phono-sémantique

§          idéophonogramme

     Phonogramme à déterminatif

4.       huiyi

« assemblage de sens »

+

« Les sens de plusieurs caractères accolés s’agrègent, afin qu’on comprenne (en lisant ) ce qui est indiqué »

§         idéogramme

§         idéopictogramme *

§         agrégat logique

§         signe complexe sémantique

§         composé sémantique

5.       zhuanzhu

類一

« l’un fonde une clef, et [les caractères de sa série] lui sont synonymes et mutuellement interprétatifs»

§         dérivés

§         doublets

6.       jiajie

« emprunts »

« Au départ [ces choses] n’ont pas de caractères propres, on emprunte [le caractère d’une autre] chose shi , phonétiquement proche »

§         emprunt

§         rébus

§         emprunté

 

 

Zhishi

  , , ,
Zhǐshì zhě, shì ér kě shí, chá ér kě jiàn , shàng xià shì yě. (= )

. (autres désignations : )

le zhishi [>symbologramme / pictosymbologramme], « qu'on reconnaît en le voyant, qu'on comprend en l'examinant. Comme shang et xia »

Xiangxing

, , , . 
Xiàngxíng zhě, huà chéng qí wù, suí tǐ jī qū, rì yuè shì yě. (=)

( =    )

« le xiangxing [> pictogramme / pictosymbologramme] : qui représente la chose par des courbes qui suivent la forme, comme ri et yue. »

 

Xingsheng

, , ,
Xíngshēng zhě, yǐ shì wèi míng, qǔ pì xiāng chéng, jiāng hé shì yě
=  (*Dans certains cas ming peut être interprété comme zi  )

« le xingsheng [>pictophonogramme / idéophonogramme] : formé d'une chose pour dénommer/catégoriser, associé à une clef/phonétique, comme jiang  et he. »

 

Voir aussi :

(Wang Fengyang) «    . . » [17]

Xu Shen  «   » = . ici =

Duan Yucai : «  、今     ,谓        »

Huiyi

, 合谊, + ,
Huìyì zhě, bǐ lèi hé yì, yǐ jiàn zhǐ huī, wǔ xìn shì yě =

« le huiyi [>idéogramme + idéopictogramme] : où plusieurs lei  [radicaux] s'agrègent sémantiquement. »

 

Voir aussi :

Tang Lan         
Les huiyi n’existe pas avant les Qin. A la fin des R.C. on commence à rencontrer des analyses fantaisistes de caractères comme :

«  … »

Xu Shen place les huiyi après les xingsheng, ce qui semble indiquer qu’il est conscient que c’est un phénomène ultérieur. Comme sa documentation paléographique est limitée, il n’a pas toujours les moyens de déceler les étymologies populaires.

Wang Fengyang           
En ce qui concerne les exemples qu’il cite, voir les sources :

▪Zuozhuan  «   », «   »,

« … Ainsi les caractères  zhi  et ge  forment-ils en composition] le caractère wu  (ici le nom du roi des Zhou) » . Zuozhuan, Xuan 12ème années. Dans ce passage il est fait l’éloge du rôle de pacificateur du roi Wu.

▪Guliang «   ».

En fait zhi est pris ici pour sa valeur pictographique et non pour sa valeur « arrêter de », ce caractère 荷戈行走 figure une marche armée de hallebarde (c’est le sens de weiwu 威武 « puissant » et aussi de buwu 步武 « pas »). Quand à xin c’est un xingsheng ren est élément phonétique. Il y avait sans doute quelque huiyi avant les Qin, mais très peu. Par la suite il est vrai que ce principe s’est un peu développé (voir 大长=   不止= .  (voir quelques autre 拼字式  : ,尘, , .

Le concept de huiyi

En fait, la majorité des caractères caractérisés comme huiyi par la tradition chinoise à partir des Han sont en fait (quand ils ne sont pas d’anciens idéophonogrammes opacifiés) des pictogrammes polygrammiques dans lesquels les différents éléments sont dans un rapport pictographique et non pas sémantique. Plusieurs facteurs ont favorisé l’émergence d’une telle perception graphique :

-          la prédominance quantitative absolue à partir des P. et A. des idéophonogrammes, qui génère une habitude de voir dans un caractère la combinaison de deux éléments graphiques de valeur non pas pictographique mais catégorielle ou phonique,

-          L’opacification des valeurs pictographiques d’origine de la grande majorité des unités élémentaires (graphèmes) de la notation, ces éléments ne pouvant plus dès lors participer aux nouvelles combinaisons qu’avec leurs valeurs phonétiques ou logographique.

-          L’opacification de certains idéophonogrammes de création très ancienne, ne pouvant donc plus être perçus comme tels plusieurs siècles après leur création ;

-          le développement dans la langue parlée de mots polysyllabiques auquel fait écho ce concept graphique de huiyi.

De véritable ‘agrégats logiques’ sont effectivement crées, mais tardivement, à partir des Han et en tout cas pas avant les P. et A. comme xian  shen  + shao  (« très peu ») ou l’exemple plus récent du chen  = (+) « petit morceaux de terre = poussière ».

Zhuanzhu

, 类一 , ,
Zhuǎnzhù zhě, jiàn lèi yī shǒu, tóng yì xiāng shòu, kǎo lǎo shì yě

« les zhuanzhu [>dérivé ] [un caractère] fonde une clef, [et les caractères dérivés de sa série] sont mutuellement interprétables (par synonymie), comme kao et lao. »

 

Ces vers sont hermétiques. De quelle lei s’agit-il ?  ? Est-ce que yishou =   ?

Cette catégorie a fait couler beaucoup d’encre depuis des siècles. On distingue plusieurs écoles d’interprétation.

Sun Changxu 

[…]

Le courant zhuxingpai  主形派

[…]

Le courant zhuyipai  .

[…]

L’autre voie

[…]

Synthèse

[…]

Jiajie

, , ,
Jiǎjiè zhě, běn wú qí zì, yī shēng tuō shì, lìng zhǎng shì yě

« les jiajie [>emprunt, rébus] Ne possédant pas au départ de caractère [propre], ils sont représentés par autre chose sur la base d'une analogie phonétique, comme ling et zhang. »

La définition est claire, mais les exemples sont mal choisis. Zhu Junsheng  朱骏声 a proposé de les remplacer par peng  et lai  . 

(revoir Handout n°2 « principe phonographique, emprunt, transfert).

Opérateurs des liushu

 Voir Handout n°5

Exemples

Voir Handout n°7

Des six catégories aux trois catégories

Des générations de lettrés, surtout depuis les Song, on fait du commentaire des Six Catégories, un point central de leurs investigations sur l’écriture chinoise et notamment sur les notations pré-impériales. Il a en fait surtout été question d’affiner la catégorisation, de la complexifier et de tenter de comprendre le sens de l’obscur zhuanzhu.

Une avancée significative sur la catégorisation est due à un lettré des Song, Wang Shengmei qui remarqua que l’élément phonétique des xingsheng entretenait aussi un certain rapport avec le sens[18]. Ceci se produisit à  une époque la généralisation du système d’indexation des caractères mis au point par Xu Shen, avait progressivement induit une surévaluation de l’importance du rôle sémantique de la clef. Si on ne tient pas compte du radicalisme de la thèse qui prétendait s’appliquer à tous les idéophonogrammes, Wang Shengmei redécouvrait ici un des principes de création des idéophonogrammes (le zhuanzhu转注 ?), (voir 生,姓 et la série phonétique de jian au sein de laquelle de nombreux caractères notent des mots comportant le sème « petitesse »). La thèse de Wang Shengmei est connue sous le nom de « [sens contenu dans] l’élément de droite » youwen shuo  右文说, en référence à la position relative gauche-droite de la clef et de la phonétique dans une majorité d’idéophonogrammes.

Au 20ème siècle, avec l’élargissement des connaissances sur l’écriture chinoise archaïque, la question de la classification des caractères est régulièrement reposée [19]. Dans les années 50, Tang Lan propose l’abandon total des Six Catégories au profit d’un modèle en trois catégories ‘sanshu shuo’   [20].

Cheng Mengjia [21] est le premier établit une catégorisation qui distingue le plan de la notation de celui du système d’expression (structure et fonction). Ses trois graphismes sont cette fois :

1.      xiangxing ‘pictogramme’

2.      xingsheng ‘idéophonogramme’

3.      jiajie ‘emprunt’



[1] Le Erya  , attribué à Zhou Gong  augmenté par Confucius (qui fut sans doute le premier lexicographe).

[2] Le Shuowen  est déjà cité dans les commentaires du Zhouli  et du Liji  de Zheng Xuan (127-200), un des principaux continuateur de l’école initiée par Liu Xin, opposée au défenseur des classiques en style contemporain, He Xiu (129-182). Ying Shao de la fin des Han cite également le Shuowen  dans son Fengsu Tongyi.

[3] Les premiers documents reproduits par procédé xylographique sont attestés au plus tôt à l’époque de la dynastie Tang au Sichuan (voir Paul Pelliot, « Les débuts de l’imprimerie en Chine », A. Maisonneuve, Paris 1953). La première autorisation officielle de graver sur bois et d’imprimer les classiques daterait de 953 (Zhou postérieurs).

[4] En ce qui concerne l’origine du Shizhoupian, soulignons que Wang Guowei a remis en cause l’interprétation traditionnelle du Shizhoupian, qui rappelons le, n’est fondée que sur les mentions de Bangu (qui s’appuie lui-même sur un commentaire de Liu Xiang des Han Occidentaux, donc tardif). Wang Guowei pense que le titre de l’ouvrage Shizhoupian est formé à l’instar du titre du Cangjiepian qui débute par les termes : « Cang Jie zuo shu » ‘Cang Jie inventa l’écriture’, par sa première phrase qui aurait donc été : « Taishi zhou shu », phrase dans laquelle zhou  n’aurait pas été un nom propre, mais un verbe signifiant « réciter/lire ». Wang Guowei rappelle que zhou  est glosé « lire » () dans le Shuowen. et que du   est lui-même glosé « réciter/lire des livres » ('zhou shu  '). cf.  Wang Guowei , Wang Guowei yishu, 6ème volume, ch. Shizhoupian shuzhengxi. et He Linyi, « Zhanguo wenzi yu chuanmiao guwen », dans Guwenzi yanjiu, n°15 (1986, pp. 101-103).

[5] En ce qui concerne le contenu et le nombre exact des tablettes retrouvées, les sources traditionnelles présentent des données très diverses : Liji, Lunyu, Xiaojing (10 sections) // Liji, Shangshu (39 et 16 sections) // Chunqiu et Zuozhuan (30 sections) // Shangshu (100 sections) // Liji, Shangshu, Chunqiu, Lunyu et Xiaojing
Zhang Cang (-256 ; -152), le prince Xian de Hejian (‑ ? ; ‑130) et Du Lin ( ? ; 47) des premiers Han possédèrent également des copies pré-impériales de différents textes ou parties de textes antiques. Il est tout à fait possible que Xu Shen ait pu encore les consulter au Han Orientaux. Pour les détails voir Zheng Xiantong « Santi shijing guwen yu Shuowen guwen hezheng », dans Guwenzi yanjiu, n°7 (1982), p.286).
. Il y a quelques confusion dans les sources traditionnelles sur la date exacte de la découverte des écrits du mur, certaines mentionnant parfois contradictoirement, le règne de Jing (-157 ; -141) et celui de son successeur Wu (-141 ; -87). Zeng Xiantong montre qu’il y a dû avoir une confusion entre la date de la découverte (Jing) et celle de la présentation des tablettes par les descendants de Confucius à l’empereur (Wu). Pour les détails sur les mentions de ces événements dans les sources traditionnelles, voir Zeng Xiantong, Xiantong « Santi shijing guwen yu Shuowen guwen hezheng », dans Gwzyj, n°7 (1982).

[6] les trois inscriptions monumentales de Zhongshan, auxquelles j’ai consacré une étude, ont fourni un nombre particulièrement élevé, s’agissant d’une corpus unique, de graphies identiques ou très semblables à un guwen du Shuowen.

[7]  Thèse développée par He Lingyi.

[8] En fonction des critères qu’ils utilisent, les chercheurs obtiennent des totaux assez différents. [Zeng Xiantong, op.cit]. Yang Shen des Ming dénombre 396 guweu (Liushu suoyin), Cai Huitang plus de 400 (Shuowen guwen kaozheng), Wang Guowei plus de 500 (Suowen suowei guwen shuo), Hu Guangwei 612 (Shuowen guwen kao, 1927), Shu Lianjing 457 (Shuowen guwen shuzheng, 1935), Shang Chengzuo 461 (« Shuowen zhong zhi guwen kao », Jilinxuebao, 1934-40, p.461).

[9] voir les statistiques de Zeng Xiantong, GWZYJ (1982), op.cit.

[10] Ces stèles furent réalisées sous l’empereur Ling    des Han entre 175 et 183 sous la responsabilité de Cai Yong 蔡邕 (132-192), comme nous l’indique le Houhanshu, ch. Lingdiji et le Suishu, ch. Jingjizhi.

[11] D’après Wang Guowei (Wei shijing kao, 1917 et Weizhengshi shijing canshikao), les classiques comprenaient les copies des manuscrits archaïques du Shangshu et de certaines sections du Zuozhuan (Yin, Huan, Zhuang). Sous les Wei en effet, les manuscrits originaux retrouvés sous les Han devaient déjà être perdus. Pour les détails sur les conditions de cette transmission entre les Han et les Wei, voir He Linyi (GWZYJ N°15, pp. 113-116).

[12] Les principaux travaux dans ce domaine sont dus à Ma Heng, Han shijing jicun, 1957, Sun Haipo Wei sanzi shijing jilu, 1937 et Xu Jingyuan Xinchu Xiping shijing shangshu canshi kaolüe, 1981. On trouve un bon bilan des trouvailles dans l’histoire (depuis les Song) dans Zeng Xiantong, op.cit).

[13]  70 (soit seulement 16% des 440 graphies anciennes distinctes) sont identiques aux graphies anciennes du Shuowen ; 155 (soit 35%) correspondent à une entrée régulière du Shuowen ; 87 (soit 20%) sont différentes des entrées ou des variantes archaïques du Shuowen, mais sont authentifiées dans la documentation paléographique Shang et Zhou ; 56 (soit 13%) sont authentifiées dans la documentation paléographique des R.C. ; enfin 65 (soit 15%) ont un tracé confus. Voir Zheng Xiantong, op.cit.

[14]  Avant les Song, la paléographie chinoise avaient déjà connu deux étapes importantes : sous les Han, avec la découverte des écrits du mur, authentiques manuscrits de textes canoniques réalisées à la fin des R.C., et sous les Jin avec la découverte d’un ensemble de manuscrits sur fiches de bambous (connu sous le nom de Jizhongshu ) appartenant à la principauté de Wei des R.C. Mais les originaux des écrits du mur furent perdus quelque part entre les Han et les Wei, tandis que les livres de l’antique Wei ne se transmirent un temps que dans une transcription en clérical lishu.

[15]  A l’époque, les Shiguwen avaient été attribués au règne du roi Xuan de la fin des Zhou Occidentaux, parce qu’ils présentaient un nombre important de graphies conformes aux variantes Zhou du Shuowen.

[16] Li Ling chargé de la réédition des deux ouvrages rappelle que Zheng Zhen  (1806-1864) des Qing affirme dans son ouvrage consacré au Hanjian, le Hanjian jianzheng  que tous les caractères sont fantaisistes à l’exception de ceux qui ont pour source le Shuowen et les classiques sur pierre. La deuxième moitié de la dynastie Qing une période de grande vénération du Shuowen avant les grandes découvertes archéologiques du 20ème siècle.

[17] Pour le xingsheng, Wang Fengyang interprète les vers à l’opposé de la tradition qui est « on  choisit une catégorie pour le qualifier, on cherche un son pour s’y accoler ». Ming  selon lui ne peut se rapporter qu’à la ‘prononciation’ mingcheng   des xingsheng. Notons que shi  est employé dans la définition des jiajie, avec la valeur de « mot de même prononciation », = élément phonétique.

[18] Le relecture de la théorie des Six Catégories se fait dans le contexte du développement des sciences archéologiques et paléographiques. C’est sous les Song d’ailleurs qu’a été établie l’édition du Shuowen qui nous est parvenue. A la même époque, Zheng Qiao (1103-1162) développe dans son ouvrage Xiangleishu  une théorie originale des « 330 mères et des 870 enfants [i.e. les phonétiques] ». C’est une sorte de programme permettant de reconstituer la totalité de la notation chinoise.

[19]  Pour un bon résumé des différentes positions qui se succédèrent dans la première moitié du 20ème siècle, voir Huang Dekuan et Chen Bingxin, Hanyu wenzixue shi, Hefei 1990, pp.316-330, ainsi que Sun Junxi, Zhongguo wenzixue shi, Pékin 1991, pp. 224-234.

[20]  voir Tang Lan (1936 et 1949). Ses Trois Catégories étaient :
1. xiangxing, ‘pictogramme’. Pour Tang Lan cette catégorie devait recouvrir les pictogrammes, strictement indécomposables, servant à al notation d’objets discrets, naturels ou fabriqués, ne pouvant faire l’objet d’emprunt ou de dérivation. Elle correspond pour partie aux xiangxing  et au zhishi  de Xu Shen.
2.
xiangyi ‘idéogramme’. Cette catégorie était sensée englober tous les caractères exclus du type 1. Elle correspond aux huiyi et à une partie des xiangxing traditionnels.
3.
xiangsheng ‘idéophonogramme’. Ce type correspondait en gros au xingsheng  traditionnel.

[21] Voir Cheng Mengjia Yinxu buci zhongshu, 1956.