CHI521A – Hand-out n°6  Postface du Shuowen Jiezi

 

 

許慎《說文解字敘》Postface du Shuowen Jiezi
- Synthèse des connaissances savantes sur l’écriture chinoise en 100 de notre ère –


 traduction littérale de travail (en cours de révision) - Voir aussi :

 

-          Traduction en chinois moderne (site de l’Université de Taiwan http://ceiba.cc.ntu.edu.tw/Character-Lecture/discuss_2/references_ch2/ch2-003.html)

-          Thern K.L., Postface of the Shuo-wen Chieh-tzu, The first Comprehensive Chinese Dictionary, The University of Wisconsin, Madison, 1966.

-          Bottéro F., Sémantisme et classification dans l’écriture chinoise, Collège de France, Institut des Hautes Etudes Chinoises, 1996.

 

    古者庖犧氏之王天下也,仰則觀象於天,俯則觀法於地,視鳥獸之文,與地之宜,近取諸身,遠取諸物,於是始作《易》、八卦,以垂憲象。及神農氏結繩為治,而統其事,庶業其繁,飾偽萌生,黃帝之史倉頡,見鳥獸蹄[+]迒之跡,知分理之可相別異也,初造書契。百工以乂,萬品以察,蓋取諸夬。夬,揚於王庭。言文者宣教明化於王者朝廷。君子所以施祿及下,居德則忌也。

             Dans les temps anciens, Paoxi 庖犧 (/伏牺 Fuxi) gouverna l'Univers, il leva la tête pour observer les phénomènes dans le ciel, et abaissa son regard pour observer les principes de la terre. Il observa les motifs sur le corps des animaux, et leur concordance avec la terre. Il observa les différents corps dans son environnement proche, et les différentes choses et êtres dans l'environnement éloigné. Alors il se mit a élaborer les Huit trigrammes des Mutations, afin de transmettre [aux générations suivantes] les lois des phénomènes.

            Puis arriva le temps où Shennong 神農 gouverna et régularisa les activités au moyen des cordelettes à nœuds ; les métiers purent se diversifier, les artisanats fleurirent.

            Le scribe de l'Empereur Jaune Cangjie 倉頡 observa les empruntes du passage des pattes des animaux et [constata] que l'on pouvait distinguer les espèces en observant leur aspect. Il inventa les actes écrits 書契 qui facilitèrent l'administration des différents artisans et le contrôle des multitudes. Alors purent être mises en œuvre les décisions, manifestées depuis la cour royale. On [le Yijing] dit que l’écriture permet la propagation des savoirs depuis la cour royale. Elle permet [la consignation] des octrois du prince aux sujets; c'est en fixant les vertus que l'on obtient le respect (des sujets).

    倉頡之初作書,蓋依類象形,故謂之文。其後形聲相益,即謂之字。字者,言孳乳而浸多也。著於竹帛謂之書。書者如也。以迄五帝三王之世,改易殊體。封於泰山者七十有二代,靡有同焉。

            Quand Cangjie 倉頡  inventa l'écriture, les tracés [pictogrammes] étaient basés sur la ressemblance formelle, c'est pourquoi on nomma [ce type de caractère] "dessin (wen)" [/ pictogrammes /caractères simples...]. Par la suite, les "dessins" [/pictogrammes] furent accolés aux phonétiques [pour produire les graphies complexes] que l'on appela les caractères. Le terme 'caractère' (zi) [fut choisi] car il signifie la reproduction par multiplication. On appelle "livres (shu)" ce qui est écrit sur le bambou et la soie. "Livre" signifie ru [*]. Au cours des périodes des Cinq Empereurs et des Trois Rois, [l'écriture] connut différentes variations de styles. C'est ce qui explique que [les inscriptions réalisées] par les soixante douze princes au Mont Taishan [lors du sacrifice au ciel] sont toutes différentes.

    周禮八歲入小學。保氏教國子,先以六書。

一曰指事。指事者,

視而可識,

察而見意。   上下是也。

二曰象形。象形者,

畫成其物,

隨體詰詘。   日月是也。

三日形聲。形聲者,

以事為名,

取譬相成。   江河是也。

四曰會意。會意者,

比類合誼,

以見指撝。   武信是也。

五曰轉注。轉注者,

建類一首,

同意相受。   考老是也。

六曰假借。假借者,

本無其字,

依聲託事。   令長是也。

D'après le Zhouli, quand les enfants de la noblesse entraient dans leur huitième année, ils commençaient la 'petite étude' [= l’apprentissage de l'écriture] avec le précepteur. Il enseignait d'abord les "six graphismes" 六书.

 

Le premier était le zhishi [>symbologramme, pictosymbologramme],

qu'on reconnaît en le voyant,

qu'on comprend en l'examinant. Comme shang et xia

Le second était le xiangxing [> pictogramme / pictosymbologramme] :

qui représente la chose

par des courbes qui suivent la forme, comme ri et yue

Le troisième était le xingsheng [>pictophonogramme / idéophonogramme] :

formé d'une chose pour dénommer/catégoriser,

associé à une clef/phonétique, comme jiang  et he.

Le quatrième était le huiyi [>idéogramme + idéopictogramme] :

où plusieurs lei  [radicaux] s'agrègent sémantiquement

pour qu'on comprenne ce qui est indiqué, comme wu et xin

Le cinquième était les zhuanzhu [>dérivé ]

[un caractère] fonde une clef [et ceux de sa série]
sont mutuellement interprétables (par synonymie), comme kao et lao.

Le sixième était les jiajie [>emprunt, rébus]

Ne possédant pas au départ de caractère [propre],

ils sont représentés par autre chose sur la base d'une analogie phonétique, comme ling et zhang.

(voir Handout n°4)

    及宣王太史籀著大篆十五篇,與古文或異。至孔氏書「六經」,左丘明述《春秋傳》,皆以古文。厥意可得而說。其後諸侯力政,不統於王。惡禮樂之害己,而皆去其典籍。分為七國,田疇異畝,車涂異軌,律令異法,衣冠異制,言語異聲,文字異形。

            Arrivé à l'époque du roi Xuan des Zhou, l'archiviste Zhou compila [un recueil de grande sigillaire] Dazhuan 大篆 en 15 parties, cette grande sigillaire présentait de sensibles différences avec l'écriture ancienne (guwen 古文). Puis vint le temps où maître Kong consigna les Six Canons et où Zuo Qiuming rédigea les Annales des Printemps et Automnes; tous ces ouvrages furent rédigés en écriture ancienne pourtant ils sont encore intelligibles et susceptibles d'être commentés. Par la suite, les feudataires établirent des gouvernements non soumis au contrôle du roi (des Zhou). Ayant dénoncé les effets pervers des Rites et la Musique ils abandonnèrent tous les grands textes de référence. Ils se répartirent en sept principautés, dans lesquels chacun adopta ses propres mesures agraires, ses propres écarts d'essieux, ses propres lois, coutumes et habillements, sa propre langue et ses propres caractères d'écriture.

    秦始皇帝初兼天下,丞相李斯乃奏同之,罷其不與秦文合者。斯作《倉頡篇》,中車府令趟高作《爰歷篇》,太史令胡毋敬作《博學篇》。皆取史籀大篆,或頗省改。所謂小篆者也。是時,秦燒滅經書,滌除舊典,大發吏卒,興戍役。官獄職務繁,初有隸書,以趨約易。而古文由此絕矣。

            Quand le Premier Empereur unifia pour la première fois l'Empire, son ministre Li Si 李斯  le pressa d'unifier (l'écriture) pour mettre un terme aux écritures différentes de [celle en vigueur à] Qin. Il composa le recueil "Cangiepian" 倉頡篇. Zhao Gao 趟高 chef des attelages composa le "Yuanlipian 爰歷篇", et le grand archiviste Hu Wujing 胡毋敬 le "Boxuepian" 博學篇.  Ces trois ouvrages reprennent en la simplifiant légèrement la grande sigillaire dazhuan fixé par l'archiviste Zhou. Ils consignent ce que l'on appelle la 'petite sigilaire' (xiaozhuan 小篆). A cette époque, Qin entreprit de détruire par le feu les canons, d'éliminer les anciennes règles, il déploya des contingents de fonctionnaires et de soldats, développa les garnisons et le système des corvées. Les tâches administratives et judiciaires s'intensifiant, l''Ecriture cléricale' lishu 隶书, tendant vers la simplification, fit son apparition *. L'écriture ancienne dès lors s'éteignit.

    自爾秦書有八體。一日大篆,二日小篆,三日刻符,四曰蟲書,五曰摹印,六曰署書,七日殳書,八日隸書。漢興有草書。

            Par la suite, Qin eut 8 styles d'écriture : le dazhuan (>grande sigilaire), le xiaozhuan (petite sigilaire), le kefu (>employé sur les emblèmes impériaux), le chongshu (>'style tétard', utilisé sur les bannières, d'après Duan Yucai), le moyin (>écriture sur les sceaux), le shushu (>en-têtes), le lishu (>clérical). Les Han développèrent en plus l'écriture caoshu (cursive 'herbe').

    尉律,學僮十七以上始試。諷籀書九千字,乃得為史。又以八體試之。郡移太史並課,最者以為尚書史。書或不正,輒舉劾之。今雖有尉律不課,小學不修,莫達其說久矣。

            Notre code juridique [des han] stipule que les jeunes commençaient à passer des examens après dix-sept ans. Ils devaient réciter et lire 9000 *** caractères pour pouvoir être promus fonctionnaire. Ils étaient aussi testés sur les huit styles. Les préfets envoyaient (les jeunes gens sélectionnés) auprès du Grand Astrologue qui les examinait ensemble. Les meilleurs devenaient assistants du  Secrétaire Impérial et étaient chargés de relever les fautes dans les écrits et de les corriger. De nos jours, en dépit des dispositions inscrites dans notre code, les examens n'ont plus lieu, l'apprentissage de l'écriture n'a plus cours, et personne ne maîtrise ses principes depuis longtemps !

    孝宣帝時,召通《倉頡》讀者,張敞從受之。涼州刺史杜業,沛人爰禮,講學大夫秦近,亦能言之。孝平帝時,徵禮等百餘人,令說文字未央廷中,以禮為小學元士。黃門侍郎楊(揚)雄采以作《訓纂編》。凡《倉頡》以下十四篇,凡五千三百四十字,群書所載,略存之矣。

            Sous le règne de l'empereur Xiao Xuan (-73;-49), on convoqua des personnes capables de comprendre (/lire) le "Cangjie", et Zhang Chang apprit auprès d'eux. Le gouverneur de Liang, Du Ye et Yuan Li de Pei, ainsi que le Conseiller des Lettres Qin Jin étaient également capables de lire le "Cangjie". Sous l'empereur Xiao Ping, Yuan Li ainsi que cent autres personnes furent nommés et mandés pour expliquer les caractères au palais de Weiyang. Yuan Li fut ainsi désigné Grand Maître de l'art de l'écriture. Yang Xiong, secrétaire impérial collecta [tous ces travaux de lexicographes] et rédigea  le "Xunzuanpian" 訓纂編, qui contient un total de 5340 caractères, quatorze sections du "Cangjie" incluses ; c'est à dire qu'il contient a peu près tous les caractères présents dans les livres existants.

    及亡新居攝,使大司空甄豐等校文書之部,自以為應制作。頗改定古文。時有六書。一曰古文,孔子壁中書也。二曰奇字,即古文而有異者也。三曰篆書,即小篆。四曰左書,即秦隸書,秦始皇帝便下杜人程邈所作也。五曰繆篆,所以摹印也。六曰鳥蟲書,所以書幡信也。

            Quand le trône fut usurpé pour instaurer les Xin, une équipe dirigée par le ministre (des affaires culturelles) Zhen Feng 甄豐 fut chargée de réviser les ouvrages. Zheng Feng décida lui-même les textes méritant d'être reproduits. [Au cours de ce travail] certaines modifications furent apportées à l'écriture archaïque. En ce temps là, on distinguait Six styles d'écritures : l'un était la guwen (>ancienne) ; elle se référait au manuscrits retrouvés dans les murs [de la demeure] de Confucius; la seconde était le qizi [>bizarre], désignant les caractères anciens mais différents de la guwen; le troisième était la zhuanzhu, désignant la petite sigilaire xiaozhuan; le quatrième était la zuoshu, désignant la cléricale lishu des Qin, élaborée par Cheng Mao 程邈 originaire de Xiadu sur ordre de Qinshihuang; la cinquième était le mouzhuan utilisée sur les sceaux; la sixième était la niaochongshu, utilisée sur les bannières.

    魯恭王壞孔子宅,而得《禮記》、《尚書》、《春秋》、《論語》、《孝經》。又北平侯張倉獻《春秋左氏傳》。郡國亦往往於山川得鼎彝。其銘即前代之古文。皆自相似。雖叵復見遠流,其詳可得略說也。而世人大共非訾,以為好奇者(也)故詭更正文,鄉壁虛造不可知之書。變亂常行,以燿於世

 

                Le roi Gong de Lu fit abattre la résidence de Confucius, c'est ainsi qu'il obtint les manuscrits du "Liji", du "Shangshu", du "Chunqiu", du "Lunyu", du "Xiaojing". Par ailleurs, Zhang Gang marquis de Beiping présenta à l'empereur un exemplaire du "Chunqiu" de Zuo Qiuming. Il arrive aussi que l'on retrouve sur le territoire de l'empire, dans les rivières et les montagnes des tripodes et des récipients sacrés. Leurs inscriptions sont en écriture ancienne des dynasties précédentes, assez similaires entre elles. Bien qu'il soit impossible d'en reconstituer l'origine (complète), on peut néanmoins fournir quelques explications (pour certains caractères). Pourtant, dans leur majorité, les gens de notre époque rejettent ces inscriptions, arguant qu'il s'agit d'écritures excentriques, intentionnellement fabriquées pour modifier les textes réguliers, et que devant le mur on aurait fabriqué de toute pièce des textes inintelligibles, pour semer le trouble dans le déroulement régulier des choses et ainsi se faire remarquer aux yeux du monde.

    諸生競說字解經誼,稱秦之隸書為倉頡時書,云父子相傳,何得改易?乃猥曰:「馬頭人為長。」「人持十為斗。」「虫者屈中也。」廷尉說律,至以字斷法,「苛人受錢」,苛之字止句也。若此者甚眾。皆不合孔氏古文,謬於史籀。俗儒鄙夫,翫其所習,蔽所希聞,不見通學,未嘗睹字例之條,怪舊埶而善野言,以其所知為秘妙。究洞聖人之微恉,又見《倉頡篇》中幼子承詔,因號古帝之所作也,其辭有神仙之術焉。其迷誤不諭,豈不悖哉?

                Les lettrés rivalisent pour expliquer les caractères et analyser les canons. Ils prétendent que le lishu des Qin est l'écriture de l'époque de Cang Jie, qu'elle s'est transmise telle quelle de père en fils, et qu'ils ne voient pas pourquoi, ce faisant, elle se serait modifiée. Alors, [on trouve chez ces lettrés] des énormités comme "Le caractère chang est une tête de cheval sur un corps d'homme", ou bien "une homme qui tient un 'dix' produit le caractère dou "boisseau"", ou encore "le caractère insecte est comme le caractère milieu tordu"... [c'est au point que] même les officiers de justice on recours [à ce genre de fantaisies] pour expliquer les lois, comme dans ce cas où le caractère [/mot] he  'sévérité' dans "sévérité pour ceux qui perçoivent indûment de l'argent" est expliqué comme la combinaison de zhi et / (ju/gou  ('intercepter' / 'arrêter'). Ces exemples sont légions. Ils ne correspondent pas à l'écriture ancienne des textes confucéens et enfreignent les principes graphiques de la grande sigillaire établie par l'archiviste Zhou. Les médiocres lettrés et les gens vulgaires ne goûtent que ce qu'ils connaissent bien et sont hermétiques à ce dont ils n'ont que vaguement entendu parler. Sans avoir consulté les érudits éclairés ni avoir observé les principes qui régissent les caractères, ils jettent l'anathème sur les anciennes pratiques et encensent les grossières interprétations, convaincus qu'ils sont de détenir un génie secret, et de pénétrer la subtilité des sages. Par ailleurs, lorsqu'ils lisent dans le "Cangjiepian" '...le fils cadet reçoit le mandat impérial...', ils clament que cet ouvrage est [donc bien] l’œuvre d'un empereur de l'antiquité, et que les mots [qu'il transmet] possèdent le pouvoir des génies et des immortels. Ces erreurs et ces mécompréhensions ne sont-elles pas totalement contraire à l'entendement ?!!

    《書》曰:「予欲觀古人之象。」言必遵修舊文,而不穿鑿。孔子曰:「吾猶及史之闕文。......今亡矣夫!蓋非其不知而不問。人用己私,是非無定;巧說邪辭,使天下學者疑。蓋文字者,經藝之本,王政之始,前人所以垂後,後人所以識古。故曰「本立而道生」,知天下之至嘖而不可亂也。今敘篆文,合以古、籀,博采通人,至於小大,信而有證,稽譔其說。將以理群類,解謬誤,曉學者,達神恉。分別部居,不相雜廁。萬物咸睹,靡不兼載。厥誼不昭,爰明以喻。其稱《易》孟氏、《書》孔氏、《詩》毛氏、《禮周官》、《春秋》左氏、《論語》、《孝經》,皆古文也。於其所不知,蓋闕如也。

            Il est dit dans le "Shangshu" : "J'aimerais observer les dessins des anciens...". Cela signifie qu'il faut observer et cultiver les anciennes écritures ne pas se livrer à des interprétations abusives. Confucius a dit : " je me souviens du temps ou les scribes laissaient des blancs pour les caractères [douteux]...Mais de nos jours, cela est bien perdu !" Il désapprouvait ici ceux qui dans l'ignorance ne demande pas [conseil]. Si chacun se base sur sa conception personnelle, on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Quand les interprétations éclairées voisinent avec les termes douteux, les lettrés de l'empire sont jetés dans la confusion.
            L'écriture est à la sources des canons et des arts, ainsi que le fondement du gouvernement des souverains. C'est par elle que les prédécesseurs ont transmis au générations suivantes, et c'est par elle que les générations ultérieures connaissent le passé. C'est pourquoi il est dit : "La voie peut croître sur des fondements bien établis", et aussi "on échappe aux désordres par la connaissance des plus infimes subtilités de l'univers...".

            Dans cet ouvrage, j'ai mis en ordre les caractères de la petite sigillaire xiaozhuan, en incluant les caractères anciens gu(wen) et ceux de la grande sigillaire zhou(wen). J'ai collecté un grand nombre de [gloses émanant des] plus grands érudits. [j'ai tout pris en compte], les petites et les grandes choses, et quand elles étaient fiables et prouvées je les ai consignées. Afin de rationaliser les différentes catégories, de corriger les fausses analyses, d'éclairer les lettrés en leur permettant de pénétrer le sens subtil [des caractères], je les ai répartis derrière des groupes (de clefs), de sorte qu'il n'y ait pas de croisements. Rien n'a été omis de la multitude des choses, tout a été incorporé et enregistré. Quand le sens d'un caractère n'est pas évident, je l'éclaire par métaphore (/analogie/exemple). j'ai suivi l'interprétation du Yijing de Meng Xi, le Shangshu de Kong Anguo, le Shijing de Mao Gong, ainsi que le Liji, le Lizhouguan, le Chunqiu de Zuo Qiuming, le Lunyu, le Xiaojing; [j'ai consulté tous ces ouvrages] dans leurs éditions en écriture ancienne guwen. Quand je ne savais pas, je l'ai indiqué explicitement.

    此十四篇五百四十部。九千三百五十三文,「重文」一千一百六十三,解說凡十三萬三千四百四十一字。其建首也,立一為耑。方以類聚,物以類分。同條牽屬,共理相貫。雜而不越,據形系聯。引而申之,以究萬原。畢終於亥,知化窮冥。

            Les quatorze sections qui précèdent contiennent 540 radicaux, 9353 caractères, 1163 variantes. Les articles contiennent 133 441 signes. La série des radicaux commence par yi. Les similaires sont regroupés par genre, les choses sont ventilées dans les catégories. Les [caractères] de même catégorie sont regroupés, ceux partageant des principes communs sont rapprochés. Malgré la complexité il n'y a pas de confusion, [les radicaux] se succèdent suivant leurs analogies formelles, en développant ce principe, on peut étudier la totalité des origines. Arrivé au radical hai qui est placé à la fin, on a pénétré les transformations dans toute leur profondeur.

    于時大漢,聖德熙明。承天稽唐,敷崇殷中,遐邇被澤,渥衍沛滂。廣業甄微,學士知方,探嘖索隱,厥誼可傳。粵在永元,困頓之年,孟陬之月,朔日甲申。

            Revoici le temps de la dynastie Han, tout rayonnant de pure sagesse, ayant hérité du Mandat du Ciel et de l'œuvre de Tang (i.e. Yao), expansion de la noble vertu et équilibre des saisons *, proche et  lointain recouvert de bienfait, en vague infinie, grands ouvrages et clairvoyance du subtil, lettrés pénétrant les principes, sondant le profond et recherchant dans le caché, leur érudition mérite d'être transmise à la postérité.

            Nous sommes au règne de Yongyuan, année Kundun, le premier mois, le premier jour, jiashen.

    曾曾小子,祖自炎神。格玄氏,共工氏,縉雲相黃,共承高辛,太嶽佐夏。呂叔作藩,俾侯於許,世祚遺靈。自彼徂召,宅此汝瀕。

            Mon humble personne descend, après bien des générations, de Yan (Shennong), de Jin Yun qui servit l'Empereur Jaune, de Gong qui assista Gao Xing, de Tai Yue qui assista les Xia, de Lü Shu qui protégea [les Zhou, au temps du roi Wu], et de Pi qui fut fait marquis de Xu, les générations suivantes honorent et transmettent l'esprit de ces ancêtres *. De [Xu] mes ancêtres s'établirent à Zhao, et résidèrent au bord de la rivière Ru.

    竊卬景行,敢涉聖門。其弘如何?節彼南山。欲罷不能。既竭愚才,惜道之味,聞疑載疑。演贊其志,次列微辭。知此者稀,儻昭所尤,庶有達者理而董之。

            Je me suis aventurés sur la Grande Route, ai osé franchir la Porte des Sages, qui sait quelle profondeur !? Quel grandeur cette montagne du Sud, nous aimerions la quitter, mais c'est impossible, j'ai épuisé mes pauvres talents, apprécié la saveur de la Voie, ai-je eu vent d'un doute, j'ai consigné ce doute, j'ai mis en avant les principes [des sages], et arrangé leurs subtils discours, peu nombreux sont ceux qui les pénètrent, si j'ai fait des erreurs flagrantes, puissent les personnes compétentes remettre en ordre et corriger.